La dette privée #4 : Publication du rapport de l’observatoire du financement des entreprises, sur le financement des PME-TPE

Le 19 décembre 2019 a été publié le rapport de l’observatoire du financement des entreprises, portant sur le sujet du financement des PME-ETI. Ce rapport, fruit du travail des membres de l’observatoire, professionnels publics et privés du financement en France, sous l’égide du médiateur du crédit, est une mine d’informations d’ordre statistique sur le sujet de la capacité des PME française à se financer et contient des recommandations précises pour apporter des solutions aux difficultés identifiées.

"Les dirigeants de PME‐TPE font face aujourd'hui à des défis stratégiques majeurs. Qu’il s’agisse de transformation numérique, d’innovation ou de basculement vers une économie plus soucieuse de l’environnement, leurs besoins évoluent. Dans le même temps, les solutions de financement se sont diversifiées. Cette nouvelle donne doit conduire là aussi le chef d'entreprise à monter en compétence pour tirer le meilleur parti de son nouvel environnement de financement. Il est indispensable que ces priorités de l’entreprise puissent être financées, ce qui pose également la question du bon équilibre entre auto‐ financement, dette et fonds propres. Le chef d’entreprise doit disposer des bonnes clés de compréhension et d’un accès facilité aux informations et formations pertinentes, s’il veut favoriser la réussite de son entreprise" - extrait de la synthèse du rapport.

Décryptage.

D’une façon générale, le taux d’endettement des PME connaît une tendance baissière, en raison notamment du renforcement notable de leurs fonds propres, ce qui est une excellente nouvelle. Le taux de croissance des capitaux propres des PME provient essentiellement de l’auto financement, à la différence des grandes entreprises et ETI, qui font souvent appel au capitaux externes pour augmenter leurs capitaux propres (seuls 27% vient de capitaux externes pour les PME/ETI).

S’agissant des sources de l’endettement, celui-ci provient, sans changement, dans une proportion très majoritaire, de crédits bancaires : les sources ont très peu évolué depuis 15 ans, à la différence des grandes entreprises et des ETI, pour lesquelles la désintermédiation par le recours au marché s’est poursuivie. En 2017, 85% des dettes financières des PME proviennent de crédits bancaires et cette proportion était la même en 2005. Le taux d’accès au crédit bancaire est jugé satisfaisant, sauf pour le financement de l’immatériel, traditionnellement non couvert par les banques.

Il convient de se féliciter que le rapport note l'émergence du placement privé dans le paysage du financement :

"Les produits de dette (comme les fonds de prêts ou le placement privé) font maintenant partie du paysage du financement des entreprises (...) des centaines de fintechs ont également émergé de façon durable (...) Ces fintechs (...) visent à faciliter le financement des PME TPE dans quasiment toutes ses dimensions possibles. S'il existait auparavant un clivage entre acteurs "traditionnels" de la finance et fintechs, le secteur a mûri et nombre d'acteurs traditionnels les ont aujourd'hui intégrées dans leur stratégie (...). Ces possibilités nouvelles, encore peu utilisées par les PME/TPE font donc désormais partie de la panoplie de financement mis à leur disposition".

Nous nous réjouissons que le financement en dette privée soit identifié comme une alternative crédible et efficace au financement bancaire, et d’être identifiés comme des « facilitateurs » du financement des PME.

Il est également précisé que ces formes alternatives de financement sont encore trop souvent réservées aux ETI et PME de grandes tailles, ce que nous déplorons et oeuvrons à corriger.

Comme l’indique le rapport, le but d’une plateforme comme FirmFunding est bien de démocratiser l’accès à des formes alternatives de financement, et, parmi elle, la dette privée :

"Les montants minimaux, ciblés par les acteurs financiers, pour que les entreprises puissent mobiliser ces outils restent généralement élevés, ce qui explique qu'ils concernent des ETI et des PME de grande taille. Toutefois, certains acteurs, dont des fintechs, s'efforcent de les démocratiser".

De façon plus prospective, le rapport s’interroge sur l’anticipation d'une moindre capacité du système bancaire traditionnel à financer à l'avenir les entreprises du fait des contraintes prudentielles accrues : ce marché de la dette privée pourrait ainsi se développer et les fonds de dettes pourraient être poussés à « détendre » leurs critères de façon à étendre leurs capacités aux PME.

Enfin et surtout, le rapport fait le constat clair (qui rejoint celui que nous avions également pointé à l’issue de notre sondage Viavoice sur le financement des entreprises, que vous pouvez retrouver ici) de l'ignorance des dirigeants de PME- TPE en matière de financement, responsable d’une partie de leurs difficultés dans ce domaine :

"Une difficulté revient régulièrement dans les échanges : le niveau de compétence financière et de gestion d'une partie significative des dirigeants des petites entreprises n'est pas suffisant (...) Une manière d'apporter ces compétences est d'accompagner les dirigeants dans leurs démarches, tant au moment de la création que par la suite".

Les recommandations du rapport portent donc exclusivement sur le fait de mener des campagnes de formation et d’éducation des chefs d'entreprise, afin de leur permettre de structurer, identifier et trouver des solutions de financement adaptées.

Ensemble, démocratisons l'accès au financement en dette privée au bénéfice des PME : Finançons la croissance, autrement ! Mobilisons-nous pour :

  • que les professionnels du financement, qui concentrent encore trop leurs offres sur les grandes entreprises et les ETI, déploient des solutions alternatives au crédit bancaire par les professionnels du financement,
  • l'éducation financière des chefs d'entreprise afin de leur permettre d'appréhender globalement toutes les solutions possibles de financement pour trouver la plus adaptées au développement de leur croissance.

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